Les offres publiques d’achat (OPA) sur la Bourse de Paris ont enregistrĂ© en 2025 une chute sans prĂ©cĂ©dent depuis une dĂ©cennie, marquant un tournant notable dans la dynamique du marchĂ© boursier français. Cette baisse significative traduit non seulement une contraction du nombre des opĂ©rations, mais Ă©galement une diminution sensible des primes offertes aux actionnaires, signe d’une gĂ©nĂ©rositĂ© en net retrait. Fait rare, l’activitĂ© des OPA a Ă©tĂ© divisĂ©e par deux par rapport Ă l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente, avec seulement 18 offres validĂ©es par l’AutoritĂ© des marchĂ©s financiers (AMF), contre 36 en 2024. Un contexte Ă©conomique incertain et un durcissement des conditions de financement ont sans doute alimentĂ© ce recul, qui illustre une prudence accrue des investisseurs et des initiateurs d’opĂ©rations.
Ce qu’il faut retenir :
- Le nombre d’OPA validées en 2025 a plongé à 18, soit un creux décennal, contre 36 en 2024.
- Les primes offertes aux actionnaires ont reculé, la prime médiane passant de 29,7% à 25,7%.
- La valeur totale des actions acquises a atteint 4,4 milliards d’euros, portée par quelques opérations majeures.
- Les introductions en Bourse ont touché un point historiquement bas, seulement deux sociétés cotées ont fait leur entrée.
un dĂ©clin marquĂ© dans l’activitĂ© des offres publiques d’achat
Le ralentissement des OPA à la Bourse de Paris est un fait confirmé par les derniers chiffres publiés par EY dans son 17ème Observatoire des opérations de marché, qui souligne un net recul en 2025. Cette diminution traduit une prudence accrue des investisseurs face à un environnement économique et politique globalement incertain. Les initiatives se sont faites plus sélectives, avec un recours ciblé aux OPA plus qu’une multiplication des opérations au hasard des opportunités.
En effet, seulement 18 OPA ont été déclarées conformes la même année, soit la moitié de celles recensées en 2024, pile le plus bas depuis dix ans. Cette raréfaction des offres s’est accompagnée d’un durcissement des conditions financières, freinant les velléités d’acquisition.
les primes moins généreuses et la concentration des grands dossiers
Les initiateurs d’OPA se montrent moins généreux en 2025, les primes offertes aux actionnaires ayant baissé par rapport à l’exercice précédent. La prime médiane, hors extrêmes, s’est établie à 25,7%, contre 29,7% en 2024. Cette tendance à la contraction reflète une volonté de maîtriser les coûts dans un contexte marqué par une visibilité réduite et des coûts de financement plus élevés.
Sur le plan quantitatif, la valeur totale des actions acquises a toutefois remonté à 4,4 milliards d’euros grâce à trois opérations phares : l’OPAS de Brookfield sur Neoen (1,8 milliard d’euros), celle de l’actionnaire brésilien de Verallia (1,7 milliard) et l’OPAS sur Exclusive Networks (400 millions). Ces trois deals ont pesé pour 90% du total 2025, illustrant une concentration des enjeux sur quelques dossiers emblématiques du segment.
des secteurs technologiques et industriels toujours en vue
Les OPA réalisées ont majoritairement visé des sociétés de taille moyenne, souvent avec un flottant faible et des volumes modérés. Comme les années passées, le secteur des technologies, incluant l’informatique et la biotech, prédomine avec un tiers des opérations, regroupant des entreprises telles que Exclusive Networks ou Cogelec. Suivent les industries et matériaux, notamment des groupes comme Verallia ou Tarkett, cumulant près de 50 % des opérations totales.
Ce profil illustre une segmentation sectorielle stable, oĂą les actifs technologiques bĂ©nĂ©ficient encore d’une attractivitĂ© qui prend l’avantage sur d’autres secteurs. Ce constat dĂ©limite un univers boursier parisien qui, malgrĂ© la baisse globale de l’activitĂ©, conserve une certaine vigueur dans des niches spĂ©cifiques.
l’impact des introductions en bourse historiquement bas sur la cote parisienne
Non seulement le marché des OPA s’est ralenti, mais le nombre d’introductions en Bourse a également atteint un niveau historiquement bas. Seules deux entreprises, Semco Technologies et Kaleon, ont fait leur entrée sur le marché en 2025, toutes deux sur Euronext Growth, le segment des petites et moyennes capitalisations.
Cette rarĂ©faction des IPO accroĂ®t encore la pression sur le pĂ©rimètre des entreprises cotĂ©es, d’autant que les retraits de cote restent nombreux. Plus de 70% des OPA se sont soldĂ©es par un retrait de la cote, aggravant une tendance Ă la contraction des entreprises accessibles sur Euronext. La Bourse de Paris semble s’orienter vers une rĂ©duction progressive de sa base cotĂ©e, dans un Ă©cosystème oĂą le volume ne rime plus forcĂ©ment avec qualitĂ© et attractivitĂ©.
les perspectives pour 2026 : un pipeline d’introductions modéré mais prometteur
Malgré ce contexte austère, quelques signaux positifs émergent du côté des nouvelles introductions. Des dossiers diversifiés portant sur des PME innovantes dans les secteurs du conseil, de la défense et du luxe sont en cours de préparation, témoignant d’une demande persistante pour la Bourse de Paris comme outil de financement.
Le promoteur immobilier Rising Stone vise à devenir la première introduction au premier semestre 2026, tandis que le groupe de défense KNDS se montre intéressé par une double cotation à Paris et Francfort, conditionnée aux meilleures conditions de marché. Ces initiatives dessinent une ligne de front prudente mais déterminée à relancer l’activité boursière.
outils pour investisseurs face à un marché sélectif et volatil
Dans ce contexte où les OPA deviennent plus ciblées, la fragmentation et la volatilité accrue imposent un suivi rigoureux. Les investisseurs, qu’ils soient débutants ou expérimentés, disposent désormais d’une palette d’instruments adaptés. Actions, ETF, options et contrats futures permettent de moduler l’exposition selon le profil et les objectifs, avec des plateformes telles que Wincharts ou TradeBox offrant une interface avancée pour gérer la complexité.
- Les dĂ©butants peuvent s’appuyer sur des produits simples, comme les ETF, pour entrer progressivement sur le marchĂ©.
- Les investisseurs confirmés tirent profit de la diversification sectorielle, notamment dans la tech et l’industrie.
- Les traders expérimentés exploitent les options et futures pour tirer parti des fluctuations liées aux OPA et aux annonces macroéconomiques.
Cette Ă©volution de l’univers boursier Ă Paris invite Ă une adaptation stratĂ©gique, oĂą la vigilance et la connaissance des circuits financiers se conjuguent Ă l’usage d’outils performants pour saisir les opportunitĂ©s dans un climat plus exigeant.
Pour approfondir ce sujet, les analyses détaillées et mises à jour peuvent être consultées sur les plateformes spécialisées telles que Le Journal des OPA ou via l’éclairage approfondi du cabinet EY sur les opérations de marché.

